Le Canada promet 600 militaires pour les opérations de maintien de la paix de l’ONU

SAGUENAY – Le gouvernement Trudeau veut renouer avec les opérations de paix des Nations unies et compte déployer jusqu’à 600 militaires canadiens en vue d’une éventuelle participation.

Quatre ministres fédéraux, de la Défense nationale, des Affaires étrangères, de la Sécurité publique et du Développement international, ont pris part à cette annonce, vendredi, à la base militaire de Bagotville, en marge de la réunion du caucus libéral national qui se déroule à Saguenay.

L’initiative du gouvernement relèvera d’un nouveau Programme pour la stabilisation et les opérations de paix (PSOP) dont le budget triennal sera de 450 M$. Des policiers de la GRC et de différents corps provinciaux et municipaux seront aussi affectés au maintien de la paix ainsi que des spécialistes civils.

Appelé à réagir, le premier ministre Justin Trudeau a fourni peu de détails entourant cette participation qui n’est pas étrangère à la campagne que mène le Canada pour obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le premier ministre a indiqué qu’il s’agissait d’une «première étape» dans les efforts de paix du pays.

«C’est une reconnaissance du fait que le Canada se doit d’être engagé et d’être acteur positif dans le monde dans les années à venir. C’est ce à quoi les Canadiens s’attendent, c’est ce à quoi le monde s’attend du Canada», a-t-il expliqué.

Questionné à savoir comment il éviterait d’enliser les forces armées canadiennes dans des missions sans fin, M. Trudeau a rétorqué que son gouvernement allait «réfléchir aux conséquences» et aux «risques» pris.

«Nous allons toujours être très clairs que c’est une responsabilité grave d’envoyer nos troupes à l’étranger et nous allons toujours être responsables par rapport à ces choix-là», a-t-il soutenu.

Si le gouvernement n’a pas encore déterminé dans quels pays ou sur quels continents le Canada envisage de concentrer ses efforts de paix, le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a toutefois rappelé qu’il revenait d’un séjour en Afrique. Il s’y est rendu cet été en compagnie du lieutenant-général à la retraite, Roméo Dallaire, et de la juge Louise Arbour et ancienne haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a précisé qu’il s’agissait d’une «approche multidimensionnelle» comprenant la diplomatie, le militaire, la sécurité, le développement et l’aide humanitaire. Il a fait valoir que le bilinguisme des militaires canadiens constitue un atout, mais n’était pas en mesure de dire si des troupes de Valcartier seraient mises à contribution dans le cadre de ces éventuelles missions.

Casques bleus: Accueil tiède des militaires de Valcartier

Jean-François Morissette | Le Journal de Québec

Les soldats de la base militaire de Valcartier, près de Québec, accueillent tièdement l’annonce faite vendredi matin par le gouvernement Trudeau de réinvestir des troupes canadiennes dans les missions de paix des Nations Unies.

La plupart des soldats rencontrés par Le Journal vendredi midi ont avoué être indifférents devant la nouvelle annoncée par le fédéral.

«Moi, je vais où l’on m’envoie et je fais mon travail du mieux que je peux», a indiqué le soldat Bilodeau.

D’autres soldats se sont montrés plutôt ravis du plan annoncé par quatre ministres fédéraux réunis au Saguenay, vendredi matin.

C’est notamment le cas du caporal Marco Ricard qui voit d’un bon œil l’intention du gouvernement fédéral.

«Ce n’est pas comme une mission de combat», a-t-il souligné au Journal.

Le caporal Ricard a déjà participé à deux missions de Casques bleus de l’ONU au début des années 90. Les deux fois, il a été déployé en Bosnie-Herzégovine.

Il avoue bien connaître la réalité de ceux et celles qui pourraient être déployés prochainement par le Canada.

«C’est sûr que ça dépend des missions et du contexte des pays, a-t-il indiqué. C’est souvent frustrant parce que tu as le droit de ne rien faire, mais c’est satisfaisant.»

La provenance des soldats encore inconnue

Bien que l’on prévoit que jusqu’à 600 militaires pourraient être déployées dans le cadre d’une mission de pays des Nations Unies dans un avenir rapproché, le gouvernement fédéral n’a pas indiqué la provenance des troupes et l’on ignore si des soldats de la base de Valcartier seront du nombre.

Toutefois, le ministre des Affaires étrangères du Canada, Stéphane Dion, a laissé entendre que le bilinguisme était un atout majeur pour le Canada.

Le fédéral n’a également pas encore déterminé dans quels pays ou sur quels continents le Canada envisage de concentrer ses efforts de paix.
 

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