Climat : les négociations s’accélèrent à la conférence de Paris – ICI.Radio

Le président de la conférence de Paris, Laurent Fabius, en route vers une réunion sur le climat le 3 décembre 2015.Le président de la conférence de Paris, Laurent Fabius, en route vers une réunion sur le climat le 3 décembre 2015.
 Photo :  Stephane Mahe / Reuters

Après trois jours de pourparlers, les négociateurs des 195 États membres mettent les bouchées doubles afin de s’entendre sur un projet d’accord d’ici samedi. 

Jeudi matin, un nouveau projet d’accord, réduit de 55 à 50 pages, a été proposé aux États membres. Le texte compte plusieurs options ouvertes qui doivent être négociées avant que les décideurs les relèguent à leurs ministres respectifs qui prendront le relais lundi. 

Bien que le nombre de pages ait été réduit, le nombre d’options reste très élevé.

« Le nombre d’options ouvertes n’a pas été réduit, [elles sont] autour de 250 », explique Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme.

« Nous n’avons plus que 48 heures, il faut que les négociations accélèrent », renchérit-il. Il somme les délégués « à sortir des jeux de postures habituels ».

Martin Kaiser de Greenpeace abonde dans le même sens: « Ces négociations ont besoin de passer à la vitesse supérieure ». Or, il admet que le nouveau texte proposé est « plus clair et plus gérable ».

Hier, le ministre français des Affaires étrangères et président de la conférence de Paris, Laurent Fabius, déclarait que les négociations étaient trop lentes. Il a appelé les négociateurs à « accélérer ».

D’autre part, Ségolène Royal, ministre française de l’Écologie, a rappelé qu’il était « normal qu’il y ait un ou deux jours de remise en marche de la machine de négociations ». Elle a ajouté que c’est un « moment de maturation nécessaire » et qu’il est « impensable d’imaginer un échec ».

Selon l’AFP, une source proche de la délégation française a affirmé qu’il y avait eu un travail de nuit « intensif » entre mercredi et jeudi. Ce serait la preuve que les négociateurs ont « changé de mode ».

Une nouvelle méthode de travail

Par ailleurs, une nouvelle méthode de travail ayant pour but de faciliter les négociations a été proposée mercredi par le groupe « G77 + la Chine ». Ce groupe est un regroupement des 133 pays en développement auquel a été annexée la Chine. 

La nouvelle méthode de travail a été acceptée par les autres États membres. Elle vise à regrouper les négociations de ce groupe afin d’unir leurs voix respectives. Cela devrait réduire le nombre de discussions transversales et alléger le travail.

Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, se réjouit de cette initiative : « Si on étudie séparément chaque point, chacun reste sur ses lignes rouges ».

Le prochain texte sur le projet d’accord sera rendu public jeudi soir ou vendredi matin. Il sera alors possible d’évaluer si cette nouvelle méthode de travail est efficace.

Les pays en développement sont inquiets

Le groupe « G77 + la Chine » a haussé le ton sur le financement mercredi. Il réclame plus de soutien financier de la part des pays développés pour lutter contre les changements climatiques.

Il se dit aussi « inquiet des tentatives d’introduire des conditions économiques dans la partie financements » négociée dans le cadre de la conférence de Paris.

« Le niveau des soutiens financiers qui seront fournis par les pays développés aux pays en voie de développement après 2020 devra être clarifié », a plaidé le groupe devant le président de la conférence de Paris, Laurent Fabius. 

Le groupe demande une augmentation du fonds de 100 milliards de dollars, prévu lors de la dernière conférence sur le climat. Il réclame une « augmentation substantielle » annuelle de ce fonds. 

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