L’arrestation de quatre policiers du Service de police de la Ville de Montréal jeudi est une nouvelle tuile qui s’abat sur le corps policier montréalais, ébranlé par plusieurs scandales au cours de la dernière décennie.
Voici un retour sur les controverses des dernières années impliquant des policiers du SPVM qui ont fait les manchettes.
Septembre 2009
Le sergent-détective aux crimes majeurs Mario Lambert est appréhendé pour avoir transmis des informations confidentielles à des criminels en utilisant illégalement un ordinateur du SPVM.
JOEL LEMAY/AGENCE QMI
Au terme d’un long procès, Lambert a été reconnu coupable des trois accusations qui pesaient contre lui et avait écopé d’une peine de huit mois à purger dans la collectivité. Toutefois, la Cour d’appel a renversé le jugement et Mario Lambert a été acquitté.
Janvier 2011
Un enquêteur du SPVM en vacances au Mexique est sauvagement battu par des individus liés aux Hells Angels et laissé pour mort à la sortie d’un bar de Playa del Carmen.
MAXIME DELAND/AGENCE QMI
Le policier montréalais Amir El Alfy était présent lors du passage à tabac. Il n’y aurait pas participé, mais ne serait pas intervenu non plus. Aucune accusation criminelle n’a toutefois été portée contre lui concernant cet incident.
Octobre 2011
Le policier Ian Davidson, qui avait pris sa retraite après 33 années de service, a dérobé une liste ultrasecrète renfermant les noms de 1500 informateurs de police.
TVA NOUVELLES/AGENCE QMI
Il a tenté de vendre le document pour 1 million $ au crime organisé. Davidson a été arrêté à l’aéroport Montréal-Trudeau alors qu’il s’apprêtait à s’envoler vers le Costa Rica. Après que son identité eut été révélée dans les médias, il s’enlève la vie dans un hôtel de Laval le 18 janvier 2012.
Mai 2013
Les policiers du SPVM, Charles Lavallée et Amir El Alfy, sont arrêtés pour trafic de drogue lors du démantèlement d’un réseau de production de stupéfiants.
MAXIME DELAND/AGENCE QMI
El Alfy fait face aux accusations les plus graves, soit importation de stupéfiants, vol et recel, possession d’une arme prohibée et possession d’objet volé.
Son collègue a plaidé coupable à des accusations de trafic de stéroïdes et de possession de haschich.
Octobre 2013
Enquêteur vedette du SPVM et ancien expert de la lutte au crime organisé, Benoit Roberge est arrêté par la Sûreté du Québec après un tête-à-tête avec un proche des Hells Angels.
CAPTURE D’ÉCRAN TVA NOUVELLES / AGENCE QMI
Roberge a admis avoir touché 125 000 $ en échange d’informations sensibles aux motards, un groupe qu’il a pourtant traqué pendant la majeure partie de sa carrière au sein des forces de l’ordre. En 2014, il a écopé de huit ans de prison pour ses crimes.
Avril 2014
Philippe Paul, un poids lourd de la division de lutte au crime organisé du SPVM, est suspendu en raison de ses mauvaises fréquentations. Les allégations visant le sergent-détective étaient si préoccupantes que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) sont intervenus dans le dossier pour assister le SPVM dans son enquête.
Philippe Paul était notamment soupçonné d’avoir fourni de l’information à un agent de renseignement iranien habitant à Montréal. Quelques jours après avoir été suspendu, le policier a décidé de prendre sa retraite. Il n’a jamais été accusé au criminel.
Juin 2016
Le numéro un des enquêtes spéciales du SPVM, l’inspecteur Costa Labos, est visé par une enquête criminelle. Le haut gradé aurait menti dans le but d’obtenir un mandat de perquisition chez un policier qu’il soupçonnait de parler à des journalistes.
Les soupçons qui pèsent sur l’inspecteur Labos sont sérieux au point où le ministère de la Sécurité publique a ordonné la tenue d’une enquête criminelle à la section des Normes professionnelles de la Sûreté du Québec. Costa Labos n’a pas été arrêté et ne fait face à aucune accusation criminelle. Il a récemment été promu de commandant à inspecteur.