Le 31 juillet, les rebelles et leurs alliés djihadistes du Front Fateh al-Cham (ex-Al-Nosra) avaient lancé une offensive d’envergure leur ayant permis de briser le siège imposé aux secteurs rebelles par les troupes de Bachar al-Assad.
Chaque camp essaie d’assiéger et asphyxier l’autre sans succès pour le moment: les rebelles ont réussi à s’ouvrir une voie d’accès au sud par le quartier de Ramoussa et le régime par le nord.
Les 28 pays membres de l’UE ont réclamé «un arrêt immédiat» des combats à Alep afin de ne pas entraver l’intervention des secours et la poursuite des opérations humanitaires.
La Russie s’est dite prête à instaurer une pause humanitaire hebdomadaire de 48H qui concernera à la fois les quartiers Est d’Alep sous contrôle des rebelles et la partie Ouest sous contrôle des forces gouvernementales, en utilisant deux routes différentes.
Dans le même temps, «les avions du régime et russes mènent des dizaines de raids chaque jour sur la province d’Idleb et l’ouest de la province voisine d’Alep pour empêcher l’envoi de renforts vers les positions rebelles au sud d’Alep», a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
«Les rebelles ont mis toutes leurs forces dans les combats et les forces du régime sont épuisées», a dit M. Abdel Rahmane.
D’après lui, malgré l’atout que représente l’armée de l’air pour le régime et l’appui aérien russe, les raids «ne semblent pas très efficaces, car les combats sont très rapprochés. Le régime n’arrive pas à reprendre des positions aux rebelles».
Jeudi, les raids du régime se poursuivaient sur les quartiers Est d’Alep où 146 civils, dont 22 enfants, ont péri dans les frappes depuis le 31 juillet.
Premiers raids du régime contre les Kurdes
Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit en Syrie s’est complexifié avec l’intervention étrangère et la montée en puissance de jihadistes. La guerre a fait plus de 290 000 morts et jeté sur les routes des millions de personnes.
Jeudi, des avions du régime ont frappé pour la première fois des secteurs tenus par les forces kurdes qui maintenaient jusqu’ici une position neutre dans le conflit, selon l’OSDH.
Les frappes ont visé trois barrages et trois QG dans la ville de Hassaké, dont les deux-tiers sont contrôlés par les forces kurdes et le reste par le régime.
Un journaliste collaborant avec l’AFP a vu les avions du régime bombarder des positions dans cette cité, où depuis mercredi de violents combats opposent des forces prorégime à la police kurde.
«Ils ne faut pas qu’ils (les Kurdes) prennent leurs rêves d’autonomie pour une réalité», a dit à l’AFP une source de sécurité syrienne.
Les Kurdes de Syrie (15% de la population) ont autoproclamé en mars une «région fédérale» et rêvent de relier les régions sous leur contrôle dans le nord du pays.
Sur le front de la lutte contre le groupe Etat islamique. Moscou a fait état jeudi de frappes menées sur des positions de l’EI à Deir Ezzor (est) par 18 bombardiers russes partis de bases en Russie et en Iran.