Mali : un commando armé retient des otages dans un hôtel, au moins huit morts

Des hommes armés ont pénétré ce vendredi matin dans l’hôtel Byblos de Sévaré dans le centre du Mali prenant en otage ses occupants parmi lesquels se trouvaient des Occidentaux.

L’armée malienne est intervenue, lançant un raid contre les assaillants. Le bilan actuel fait état de huit morts : cinq militaires, un membre du personnel de l’ONU au Mali et deux assaillants. Sept terroristes présumés ont été arrêtés.

Un client ukrainien de l’hôtel a échappé à ses ravisseurs. Il a confié qu’il y avait avec lui dans l’établissement, avant l’attaque, «trois Sud-Africains, un Russe comme expatriés», a précisé une source militaire. Plus tôt, une autre source précisait qu’au moins cinq étrangers étaient enregistrés dans cet hôtel : un Français, trois Sud-Africains, et un Ukrainien.

L’Ukrainien a également fait état «de quatre ou cinq terroristes» dans l’hôtel au moment de sa fuite. Aucune indication n’était disponible sur le nombre de Maliens (clients ou personnels de l’hôtel) présents sur place au moment de l’attaque. Le dernier bilan fait état de huit morts dont trois militaires. Selon les forces armées maliennes, «deux terroristes ont été tués et il y a actuellement trois corps visibles devant l’hôtel à côté d’un minibus calciné». L’armée malienne affirme qu’un homme avec une ceinture explosive «a été abattu» et, devant l’hôtel, gît le corps d’un homme à la peau blanche, a-t-elle précisé.

François Hollande lors d’une allocution pour le retour d’Isabelle Prime, ex-otage au Yémen, a affirmé que les opérations en cours au Mali pourrait «concerner éventuellement des compatriotes». L’ambassade de France au Mali n’a pas souhaité communiquer sur cette prise d’otage.

Une base militaire, cible initiale des assaillants

Après avoir tenté d’attaquer une base militaire malienne tôt ce vendredi matin, des hommes armés non-identifiés ont été repoussés par les forces armées maliennes, se retranchant dans un hôtel de Sévaré, prenant en otage les occupants. La prise d’otage se poursuivait en début de nuit ce vendredi. «Des tirs sporadiques» étaient entendus «autour de la zone des hôtels Byblos et Debo», établissements voisins, a indiqué un élu local. Selon lui, les personnes retenues par les assaillants pourraient être des membres de personnels de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), habitués à séjourner dans les hôtels de cette ville. Il n’était cependant pas en mesure de préciser leur nombre ni leurs nationalités.

«L’armée a complètement bouclé la zone (de l’hôtel) et la ville est quadrillée», a indiqué un des résidents sous couvert d’anonymat.

 – Google Map


VIDEO. Pourquoi la ville de Sévaré a été ciblée?

La MINUSMA, mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali dont l’un des membres a été abattu, a condamné dans des termes très fermes cette attaque dans un communiqué publié ce vendredi. Elle envisage l’envoie de convois transportant renforts militaires et équipes médicales pour prendre en charge les blessés. 

«Cette prise d’otages rentre dans la stratégie des terroristes contre lesquels le Mali et la communauté internationale sont mobilisés», a estimé le porte-parole du gouvernement malien, le ministre Choguel Kokalla Maïga, dans un entretien avec la chaîne de télévision française France 24. «C’est un combat asymétrique (…). Les ennemis de la paix ne vont jamais là où on les attend. Ils recrutent dans toutes les couches, dans toutes les communautés», a-t-il affirmé, sans préciser l’identité des assaillants.

Le Mali n’en a pas fini avec les troubles

La localité de Sévaré se situe à proximité de Mopti, en lisière du vaste Nord malien, où ont été enlevés de nombreux Occidentaux et qui était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes islamistes extrémistes liés à Al-Qaïda, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui avaient profité d’une offensive rebelle touareg contre l’armée.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés et dispersés de ces régions à la suite du déclenchement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une opération militaire internationale, toujours en cours. Cependant, des zones entières échappent encore au contrôle des autorités maliennes comme à celui des forces étrangères.

L’attaque à Sévaré est la troisième en moins d’une semaine dans le pays, après deux assauts ayant fait 13 morts parmi les militaires: deux ont péri dans une embuscade vers Nampala (centre) le 1er août, 11 ont été tués sur une base de la Garde nationale à Gourma-Rharous nord-ouest) le 3 août. Cette dernière opération a été revendiquée par Aqmi, selon l’agence de presse privée mauritanienne Al-Akhbar.

Longtemps concentrées dans le nord du Mali, les attaques jihadistes se sont étendues depuis le début de l’année vers le Centre, puis à partir de juin dans le Sud, près des frontières ivoirienne et burkinabè. Ces assauts illustrent la difficulté d’isoler les jihadistes des rebelles ayant signé le 20 juin un accord de paix entériné par le camp gouvernemental le 15 mai, visant à établir une paix durable dans le nord du Mali.

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