Le suspect numéro 1 de l’attentat de Berlin identifié

Amri a été officiellement identifié par la justice antiterroriste qui, dans un avis de recherche européen, propose jusqu’à 100 000 euros (environ 140 000 $CAN) de récompense.

«Anis Amri mesure 1,78 m [5’8 »], pèse environ 75 kg [165 lb]. Il a les cheveux noirs et les yeux bruns. Il peut être violent et armé!» met en garde le parquet fédéral à l’attention de la population.

En parallèle, la police tunisienne a interrogé des membres de la famille du suspect en Tunisie, selon une source sécuritaire.

«Quand j’ai vu la photo de mon frère dans les médias, je n’en ai pas cru mes yeux. Je suis sous le choc et je ne peux croire que c’est lui qui a commis ce crime», a réagi auprès de l’AFP Abdelkader Amri, frère du suspect. Mais «s’il s’avère qu’il est coupable, il mérite alors toutes les condamnations. Nous rejetons le terrorisme et les terroristes et nous n’avons aucune relation avec les terroristes».

«Classé dangereux»

Dès mardi soir, les autorités allemandes se sont lancées à la recherche du Tunisien, après avoir relâché un premier suspect pakistanais mis finalement hors de cause dans l’attaque au camion-bélier sur un marché de Noël.

Mercredi soir, les enquêteurs, qui pensaient avoir localisé Amri à Berlin, ont perquisitionné deux appartements, sans résultat, rapporte le journal Die Welt.

Ayant retrouvé des documents d’identité dans la cabine du camion qui a servi à l’attentat, la police a d’abord tenté de le retrouver sans alerter l’opinion.

Environ 150 policiers ont notamment perquisitionné un foyer de réfugiés dans l’ouest du pays, à Emmerich, où l’homme a séjourné il y a quelques mois, selon des médias allemands. Faute de résultat, les autorités se sont résolues à publier l’avis de recherche.

Surtout, les autorités allemandes disposaient d’une multitude d’indications sur la radicalisation et la dangerosité de ce demandeur d’asile, utilisant plusieurs identités, sans avoir réussi à l’expulser ou à l’interpeller. Ce qui risque de nourrir dans les jours à venir la polémique en Allemagne.

L’homme était «classé dangereux», connu des services de sécurité, et appartenait «au milieu islamiste-salafiste», a dit un député, Stephan Mayer.

Avant d’arriver en Allemagne, Amri avait aussi purgé quatre ans de prison en Italie pour un incendie dans une école, affirment des médias italiens.

Selon ces médias, il serait arrivé en Italie en 2011 et se serait lui-même déclaré comme mineur non accompagné.

Un autre responsable allemand, Ralf Jäger, a révélé que le suspect avait été débouté en juin de sa demande d’asile et surtout qu’il faisait déjà l’objet d’une enquête pour soupçon de préparation d’attentat avant l’attaque de lundi.

Il était soupçonné de vouloir commettre un braquage pour acheter des «armes automatiques et probablement ensuite, avec l’aide de complices qu’il voulait trouver, de commettre un attentat», a révélé la justice berlinoise dans la soirée.

500 indices

Le parquet de Berlin, qui a récupéré l’enquête à son sujet en mars, s’est défendu face à la controverse naissante sur l’inefficacité de la justice en expliquant avoir surveillé de près le Tunisien. Mais en dehors d’une activité de «petit trafiquant de drogue» et une bagarre dans un bar, aucun élément justifiant son arrestation n’a été trouvé. Le dossier a été classé sans suite en septembre.

La police a indiqué examiner plus de 500 indices : traces d’ADN recueillies dans le camion, vidéosurveillance et témoignages.

Le chauffeur routier polonais, retrouvé tué par balle dans la cabine et à qui l’assaillant a apparemment volé le camioin, a probablement cherché à empêcher l’attentat, selon des médias allemands. Il aurait tenté de s’emparer du volant et aurait forcé l’auteur de l’attentat à s’arrêter plus tôt que prévu.

Berlin n’a pas encore authentifié la revendication de l’EI, mais le parquet antiterroriste a jugé que la cible et le mode opératoire signaient l’acte djihadiste, les circonstances étant similaires à l’attaque au camion du 14 juillet, qui a fait 86 morts à Nice, revendiquée par l’EI.

Mesures de sécurité renforcées 

Les mesures de sécurité ont été renforcées à Berlin et un débat s’est engagé en Allemagne à la fois sur la nécessité de protéger davantage les lieux publics et autour de la politique d’immigration de la chancelière Angela Merkel.

Mercredi soir, deux manifestations distinctes, à l’appel notamment du parti néonazi NPD et de la formation de droite populiste Alternative pour l’Allemagne, ont rassemblé un peu plus de 300 personnes qui ont réclamé la «fermeture des frontières» et le départ de Mme Merkel. 

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