Dans un vibrant plaidoyer livré en 40 minutes, le président a appelé son pays à l’unité. « Je suis ici pour dire que nous devons rejeter le désespoir, a-t-il plaidé. Je suis ici pour insister sur le fait que nous ne sommes pas aussi divisés qu’il n’y paraît. »
Je sais que nous arriverons à l’unité. Je le sais parce qu’avec tout ce que j’ai vu dans ce pays au cours de ma vie, je sais que nous en sommes capables.
Une succession de drames à connotation raciale
Cette cérémonie oecuménique clôt une semaine éprouvante pour les États-Unis. En effet, la semaine dernière, deux hommes noirs étaient tombés sous les balles de policiers, l’un en Louisiane et l’autre au Minnesota. C’était précisément pour protester contre cet état de fait que manifestaient, pacifiquement, des résidents de Dallas lorsque la fusillade a éclaté.
Les policiers ont fait usage d’un robot-bombe pour tuer le tireur, Micah Johnson qui souhaitait présumément venger la mort d’Afro-Américains sous les tirs de policiers.
La tuerie de Dallas s’est avérée la plus sanglante de l’histoire des corps policiers des États-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001. En tout, 12 policiers ont été touchés à quelques pas du lieu de l’assassinat du président John F. Kennedy en 1963.
George W. Bush plaide aussi pour l’unité

Photo : AP/Susan Walsh
La cérémonie de mardi à Dallas réunissait des centaines de personnes; Barack Obama était accompagné de sa femme, Michelle, ainsi que du vice-président Joe Biden et de l’épouse de ce dernier, Jill. Après la cérémonie, les deux couples ont rencontré les familles des policiers abattus et les agents blessés.
Durant son passage à Dallas, le président Obama devait aussi rencontrer David Brown, le chef du service de police de la ville. Cet Afro-Américain travaille depuis le début de son mandat, en 2009, à atténuer les tensions entre policiers et membres de la communauté afro-américaine de Dallas.
George W. Bush assistait également à la cérémonie. Celui qui a été le 43e président des États-Unis et, aussi, gouverneur du Texas, vit à Dallas depuis qu’il a quitté la Maison-Blanche. M. Bush a évoqué les vives divisions de son pays, affirmant que ce dernier ne devait pas être uni par le deuil ou la peur.
Trop souvent, nous jugeons les autres groupes par leurs pires exemples et nous nous jugeons nous-mêmes par nos meilleures intentions. Et cela met à rude épreuve nos liens d’entente et nos objectifs communs.
Une volonté d’agir
À quelques mois de la fin de son mandat, le président Obama a décidé d’agir contre ce qu’il qualifie de « grave problème » de la société américaine.
Dès mercredi, il rassemblera à la Maison-Blanche des représentants des forces policières, des militants des droits civiques, des élus locaux et des universitaires afin de « dégager des solutions concrètes ».
Le président s’est souvent fait reprocher d’avoir manqué d’initiative et d’empathie quand venait le temps d’agir sur les questions raciales et les bavures policières.
Depuis la tuerie dans un club gai d’Orlando, en Floride, Barack Obama et d’autres responsables ont réitéré leurs appels à légiférer pour un contrôle accru des armes. À Dallas, mardi, le président Obama s’est insurgé contre le fait qu’un adolescent, aux États-Unis, puisse plus facilement se procurer une arme qu’un ordinateur ou même, un livre.

Photo : Jonathan Bachman / Reuters