«Nous avons confirmation que le nombre de morts est de 30. C’est un nombre astronomique et nous n’en avons pas fini», a déclaré le sergent
Les autorités ne savent pas combien de personnes participaient à la fête dans l’immeuble quand l’incendie a ravagé les lieux mais se préparaient dès samedi à 30 ou 40 morts.
Durant la nuit de samedi à dimanche, les pompiers ont fait une brèche dans un mur pour pouvoir pénétrer dans le bâtiment et commencer enfin à chercher les corps et déblayer les décombres sans risquer leur propre vie.
Les autorités avaient fait état de 24 morts plus tôt dimanche.
Silence
Seules trois familles avaient été notifiées en fin de matinée dimanche du décès d’un proche. Les corps étant méconnaissables, l’identification des victimes – des jeunes de vingt à trente ans pour la plupart – sera longue, a prévenu le policier.
Les autorités demandent d’ailleurs aux familles des victimes de conserver «dans un sac propre» une brosse à dent ou à cheveux pour pouvoir comparer l’empreinte génétique et identifier les corps avec certitude.
Les pompiers, qui ont travaillé d’arrache-pied pendant 12 heures dans la nuit, avancent très lentement, déblayant à la main par respect pour les corps qui se trouvent dans les débris, a expliqué une chef de bataillon de pompiers de la ville, Melinda Drayton.
Sa voix s’est étranglée d’émotion quand elle a voulu décrire l’atmosphère de cette nuit. «Tout était silencieux. Cela vous brisait le coeur».
«Il nous faudra plusieurs jours pour pouvoir fouiller tout le bâtiment», a-t-elle dit, soulignant que dimanche matin seuls 20% de cet entrepôt transformé en collectif d’artistes, avaient été fouillés.
Cette attente est cruelle pour les familles a expliqué un aumônier des pompiers, Jayson Landesa, qui tente de les consoler du mieux qu’il peut dans un centre d’accueil mis en place non loin des lieux du drame.
Le plus dur ? «Maintenant, c’est l’incertitude. Je pense que peut-être les familles souhaitent avoir une forme de certitude» pour faire leur deuil, a-t-il expliqué à quelques journalistes.
Pourquoi est-ce si long ? Les images publiées sur le site internet du «Ghostship (le vaisseau fantôme) – corroborées par des témoignages – apportent un début de réponse. Elles montrent un lieu où s’empilent des oeuvres d’arts, des pianos et de nombreux objets en bois, expliquant la violence du feu et l’épaisseur de la fumée.
Samedi, la chef des pompiers d’Oakland Teresa Deloach-Reed, avait décrit un véritable fatras trouvé par les secours, qui avait fortement gêné leur intervention.
L’accès au premier étage – où se trouvaient la plupart des victimes – était une «cage d’escalier artisanale» avec des «palettes».
Une configuration qui pourrait elle aussi expliquer l’ampleur du drame.