LAVAL | Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a annoncé lundi un investissement de 138 millions $ pour transformer le système de détention liée à l’immigration au Canada et prévoir un certain nombre de solutions de rechange à l’emprisonnement.
Au Canada, un résident permanent ou un étranger peut être arrêté s’il est soupçonné d’être interdit sur le territoire national, en vertu de Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. Ces personnes se retrouvent alors sous la supervision de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).
Les changements annoncés devraient se traduire par la mise en oeuvre d’une politique «plus équitable pour le traitement digne et plus humain des personnes, tout en maintenant la sécurité publique», a annoncé le ministre lundi à Laval, au Centre de surveillance de l’immigration, qui offre une capacité de 144 personnes.
Des consultations se tiendront jusqu’à l’automne afin d’obtenir le pouls des intervenants pour élaborer des pistes de solutions, qui visent aussi à diminuer le nombre de personnes mineures en détention.
Le ministre Goodale était sous pression depuis déjà plusieurs semaines. En juillet, des immigrants détenus dans un pénitencier à sécurité maximale de l’Ontario avaient entamé une grève de la faim, pour protester contre leur condition de détention.
Ce groupe dénonçait des détentions indéfinies et un recours croissant à l’isolement carcéral, selon l’organisme End Immigration Detention Network.
Dans un rapport publié en 2015, les Nations Unies ont sévèrement critiqué la façon dont le Canada traite les demandeurs d’asile. Le Canada est un des seuls pays d’Occident à prévoir la détention pour une durée indéterminée aux personnes entrées illégalement sur son territoire.
Selon les données de la Sécurité publique, en moyenne, entre 450 à 500 personnes sont détenues, à tout moment, en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés.