Très impopulaire depuis son accession à l’Élysée en mai 2012, M. Hollande s’est rangé à l’avis de sondages très défavorables : seuls 13 % des Français lui font confiance et il ne récolterait que 7 % des voix au premier tour de la présidentielle en avril, loin derrière le candidat de la droite François Fillon et la chef de l’extrême droite Marine Le Pen.
Selon les sondages, qui ont échoué à pronostiquer le vainqueur de la primaire de droite, le second tour de la présidentielle en mai 2017 verrait s’affronter la droite et l’extrême droite, dopée par la poussée populiste en Europe et aux États-Unis.
L’annonce du président est intervenue quatre jours après la désignation du candidat de la droite et au jour d’ouverture du dépôt des candidatures pour la primaire de la gauche qui doit se tenir les 22 et 29 janvier.
Ses multiples déplacements sur le terrain et son insistance à affirmer que le pays se redresse sur le plan économique faisaient croire à certains ces derniers jours qu’il tentait de légitimer une candidature.
Il a d’ailleurs souligné jeudi soir les avancées auxquelles il a contribué depuis son arrivée au pouvoir.
« Échec patent »
« L’engagement majeur que j’ai pris devant vous était de faire baisser le chômage (…) Les résultats arrivent plus tard que je ne les avais annoncés, j’en conviens, mais ils sont là », a expliqué M. Hollande. « Aujourd’hui, les comptes publics sont assainis, la Sécurité sociale est à l’équilibre et la dette du pays a été préservée », a-t-il aussi plaidé.
M. Hollande a également évoqué un « modèle social conforté ».
« Ce soir, le président de la République admet, avec lucidité, que son échec patent lui interdit d’aller plus loin. Ce quinquennat s’achève dans la pagaille politique et la déliquescence du pouvoir », a aussitôt commenté le candidat de la droite, François Fillon.
Ces derniers jours, une guerre sourde a opposé François Hollande à son premier ministre Manuel Valls, coincé entre son devoir de loyauté à l’égard du chef de l’État et son ambition présidentielle pour 2017 qu’il ne cache plus.
Le président socialiste n’a jamais bénéficié de bonnes opinions à l’exception d’une courte période après les attentats djihadistes de janvier 2015 contre le magazine satirique Charlie Hebdo, une policière et un supermarché cacher.
Les Français lui reprochent en particulier son orientation pro-entreprises prise il y a deux ans.
L’augmentation sans précédent de la pression fiscale sur les Français et les entreprises, accompagnée d’une baisse des dépenses publiques, a mis secteur par secteur les Français dans la rue, criant à la tromperie à l’égard de celui qui avait promis la rupture avec la présidence de Nicolas Sarkozy favorable aux classes aisées.
La dernière réforme de son mandat, annoncée au printemps dernier, et qui portait sur le Code du travail a provoqué de nombreuses manifestations anti-Hollande, parfois violentes, pendant plus de trois mois.
La publication en octobre d’un recueil de confidences de François Hollande à deux journalistes a sidéré ceux qui, contre vents et marées, lui témoignaient encore leur soutien. Dans ce livre, le président, qui se décrit lui-même comme « le spectre de l’Élysée », multiplie les piques sur ses proches.
Son mandat, marqué par plusieurs opérations militaires extérieures (Mali, Centrafrique, Irak, Syrie), fut également celui des pires attentats commis en France depuis la Libération (238 morts) : Charlie Hebdo, 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, Nice le 14 juillet dernier.