Élections, jour 18: Harper ne se mouille pas sur les contradictions

Élections, jour 18: Harper ne se mouille pas sur les contradictions

(Cogeco Nouvelles) – Qui dit vrai? L’avocat du Cabinet du premier ministre (CPM) qui a admis à la GRC que Ray Novak, le bras droit de Stephen Harper, avait été informé du chèque de 90 000$ signé par Nigel Wright à Mike Duffy, ou le porte-parole du Parti conservateur qui soutient que c’est « inconcevable » que Ray Novak fût informé du stratagème.

Après six jours, Nigel Wright a terminé son témoignage et personne ne sait la réponse à cette question.

M. Wright a raconté les événements de l’hiver et du printemps 2013 qui ont mené au chèque de 90 000$ qu’il a signé au sénateur, même si le plan initial visait à utiliser les fonds du parti conservateur pour rembourser M. Duffy. Il a aussi expliqué le stratagème pour que le sénateur puisse être exempté d’un audit indépendant, pour que des sénateurs ménagent M. Duffy et pour que le gouvernement raconte que le sénateur avait repayé lui-même les sommes dues.

Le prochain témoin sera Benjamin Perrin, qui était l’avocat au CPM lors du scandale Duffy et qui a admis à la GRC que Ray Novak, le bras droit de Stephen Harper, avait été informé du chèque et du plan.

La semaine dernière, le porte-parole du Parti conservateur qui soutenait que c’était « inconcevable » que Ray Novak fût informé du stratagème, mais qu’il ne l’ait pas dit à Stephen Harper.

Depuis le début du témoignage de Nigel Wright, les annonces du chef conservateur sont éclipsées par le procès. M. Harper a maintenu sa version des faits : il n’était pas au courant et lorsqu’on l’a informé il a agi en conséquence.

Pas de commentaires

Mercredi, une des journalistes qui suit la campagne conservatrice a demandé pourquoi M. Novak avait toujours la confiance de M. Harper, alors qu’il a été informé du plan et lui a caché l’information.

« Je ne vais pas commenter le dossier puisqu’il est devant les tribunaux, a-t-il affirmé. Je ne vais pas faire de picorage (« cherry picking ») avec des faits qui n’ont pas été prouvés en cour. »

Un autre journaliste a demandé pourquoi M. Novak faisait toujours partie de l’entourage du premier ministre sortant alors qu’il a « contribué à un mensonge ».

« Je n’accepte pas l’interprétation des faits », a répondu M. Harper, qui n’a pas voulu dire s’il avait discuté du dossier avec M. Novak dans les derniers jours.

« DuffyGate »

Les adversaires de M. Harper ont encore attaqué la crédibilité du premier ministre sortant.

Pour le chef du NPD Thomas Mulcair, il ne fait aucun doute que Stephen Harper était au courant de la manœuvre. Le NPD a demandé à la GRC de rouvrir l’enquête dans le dossier Duffy.

« Un plus un font deux, a-t-il affirmé. Avec les témoignages qu’on entend dans le procès Wright-Duffy, il est clair que Harper n’a pas joué franc-jeu avec les Canadiens. Le porte-parole principal des conservateurs a dit que si Novak savait, Harper savait. On est capable de conclure que M. Harper savait. »

Les libéraux de Justin Trudeau et les bloquistes de Gilles Duceppe ont demandé la démission de Ray Novak.

« Ce que nous avons vu de façon constante est que le premier ministre a refusé de prendre la responsabilité et, franchement, a refusé de dire la vérité aux Canadiens », a affirmé M. Trudeau.

« Tout l’entourage de Harper est impliqué dans l’affaire Duffy, a lancé Gilles Duceppe. Ça devient le Duffygate! Tout ce qui a été fait visait à étouffer l’affaire. Au lieu de faire le ménage, Harper a décidé de faire dans le cover up. »

Promesses du jour

Le chef conservateur, Stephen Harper a annoncé, à London, en Ontario, qu’il compte lancer des consultations afin de réduire de 20% le fardeau administratif des entreprises.

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, à Surrey en Colombie-Britannique, a promis 2 500 nouveaux policiers au pays grâce au rétablissement du Fonds de recrutement de policiers que Stephen Harper a aboli. Le NPD propose d’y investir 250 millions $ au cours des quatre prochaines années, suivis d’un financement permanent et continu de 100 millions $ par année.

Le chef libéral Justin Trudeau, à Vancouver en Colombie-Britannique et à Winnipeg au Manitoba, a annoncé qu’il veut modifier le Code canadien du travail pour les travailleurs sous réglementation fédérale. Ceux-ci auraient le droit légal de demander des « conditions de travail plus souples, dont un horaire flexible et la possibilité de faire du télétravail ».

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a pour sa part demandé à Santé Canada d’arrêter de ralentir la mise en place de sites d’injection supervisée sur l’île de Montréal.

Par ailleurs, il ne reste que deux mois avant que les Canadiens se rendent aux urnes.

(Un texte de Philippe-Vincent Foisy)

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