Le chef de l’armée turque par intérim, Ümit Dündar, a aussi indiqué que 104 putschistes avaient été abattus dans l’assaut donné pour mettre en échec la tentative de coup d’État. Les autorités ont maintenant repris le contrôle du pays.
Vingt-neuf colonels et cinq généraux ont aussi été démis de leurs fonctions et plus de 2830 militaires ont été arrêtés au terme de la nuit, selon l’agence de presse progouvernementale Anatolie.

Photo : Reuters/Huseyin Aldemir
Des avions de chasse turcs F-16 ont bombardé des chars des putschistes déployés près du palais présidentiel à Ankara pour reprendre le contrôle. Ils continuent de survoler la métropole à basse altitude.
Les putschistes ont d’abord remis leurs armes à la police à la place Taksim après avoir été encerclés. Ils ont ensuite libéré l’accès aux ponts enjambant le détroit de Bosphorese.
« Acte de trahison », clame Erdogan

Photo : Kenan Gurbuz / Reuters
Le président Erdogan a dénoncé un soulèvement contre la solidarité et l’unité du pays, attribuant le putsch à un petit groupe de l’armée mené par les adeptes de son ennemi Fethullah Gülen, un imam exilé depuis des années aux États-Unis. Ils vont en payer le prix, a-t-il ajouté, laissant sous-entendre un « grand ménage » dans l’armée.
Fethullah Gülen a ensuite rejeté ces accusations. « J’ai souffert de plusieurs coups d’État militaires au cours des 50 dernières années et trouve donc particulièrement insultant d’être accusé d’avoir un quelconque lien avec cette tentative », a-t-il réagi par voie de communiqué.

Photo : Murad Sezer / Reuters
Jusqu’à trois bombes se seraient abattues sur le parlement turc à Ankara. Dans son discours prononcé à son arrivée à Istanbul, Erdogan a toutefois assuré que le cabinet d’Ankara était fonctionnel. Le parlement turc y est présentement réuni en séance extraordinaire.
Le premier ministre Binali Yildirim a annoncé avoir remplacé son chef d’état-major, le général Hulusi Akar, alors qu’il était détenu par les militaires rebelles. Le général Ümit Dündar, commandant de la première armée basée à Istanbul assure l’intérim jusqu’à ce que Hulusi Akar soit libéré et conduit en lieu sûr.

Photo : Stringer . / Reuters
Sous bref contrôle militaire
Un groupe de militaires avait déclaré vendredi soir avoir « entièrement pris le contrôle », puis avait annoncé l’imposition d’un couvre-feu et de la loi martiale à la télévision publique.
Des soldats ont forcé l’interruption de la diffusion de la chaîne de télévision privée CNN/Turk. Des coups de feu ont été entendus en ondes avant l’arrêt de la programmation. Les émissions de la télévision publique ont quant à elles repris après cette interruption due à ce que son personnel a qualifié de prise d’otages de la part des militaires putschistes.
La prise de contrôle avait aussitôt été réfutée par le commandant de la première Armée, responsable d’Istanbul et d’une partie de l’ouest du pays. Il n’y a « rien à craindre » des putschistes turcs, qui ne sont qu’une minorité, avait-il affirmé.
Le premier ministre turc Binali Yildirim a averti ceux impliqués dans une action « illégale » qu’ils paieront « le prix le plus élevé ».
Le président Erdogan avait appelé la population à se rassembler dans les lieux publics pour répondre à la tentative des militaires. Des dizaines de personnes s’étaient aussitôt massées à la place Taksim pour protester, tandis que des militaires tentaient de les disperser avec des coups de feu.

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Plusieurs vols en direction d’Istanbul et Ankanra ont été annulés, alors qu’une interdiction de voler au-dessus de la capitale était en vigueur. British Airways et Lufthansa disent avoir redirigé des vols. L’accès à Internet et aux médias sociaux est restreint, selon des groupes de surveillance d’Internet.
La navigation de pétroliers a aussi été interdite dans le détroit de Bosphore pour des raisons de sécurité.

Photo : Murad Sezer / Reuters
Dans un communiqué, l’armée turque dit avoir agi ainsi « pour le maintien de l’ordre démocratique et des droits de l’homme ». Elle soutient que « toutes les relations internationales sont maintenues » et que « l’État de droit doit rester une priorité ». Toutefois, selon une source au sein de la présidence, ce communiqué n’a pas reçu l’aval du commandement militaire.
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L’état de la situation en quelques images :

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