Cédrika Provencher: «Le deuil peut commencer», dit son père

Le grand-père de Cédrika a également émis quelques commentaires sur Facebook. «Malgré la douleur et le coeur déchiré, je tiens à remercier du plus profond de mon coeur et au nom de toute la famille de Cédrika, toute la population, les policiers, les médias, les bénévoles nombreux qui ont aidé ou participé de près ou de loin aux recherches de ma petite puce et qui nous ont offert leur soutien et leur collaboration de maintes façons», a-t-il écrit.

La Presse a appris la nouvelle à Enfant-Retour qui avait pris cette disparition à bras-le-corps dès le premier jour. La directrice de l’organisme Pina Arcamone était sous le choc et n’a pas souhaité faire de commentaires pour le moment. «Je pense à toute la famille, a-t-elle soupiré avant de mettre fin à la conversation. C’est tellement bouleversant.»

De son côté, Michel Surprenant, l’ex-président de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues, a appris la nouvelle lors d’un souper entre amis. «Pour avoir travaillé sur ce dossier, j’ai été envahi d’une grande tristesse. C’est difficile à digérer. C’était comme si c’était ma fille. C’est évident qu’on espère toujours avoir une réponse», raconte-t-il. Lui-même vit depuis 16 ans un drame inhumain : sa fille Julie Surprenant est portée disparue depuis 1999.

«En attendant, on essaie de reprendre le contrôle de sa vie. Il faut rester en santé pour le jour où tu recevras cette nouvelle. Soit le drame va t’écraser, soit il te porte en avant. En attendant, il faut lâcher prise. On ne sait jamais quand la réponse va arriver. Tout le monde se prépare pour Noël et soudainement la famille de Cédrika apprend une nouvelle aussi triste», poursuit-il.

«Avec les années, les chances de retrouver la personne sont de plus en plus minces. Mais faire le deuil est impossible. Si vous vous mettez à la place de la personne disparue, on ne peut pas faire le deuil, ce serait l’abandonner, on ne tourne jamais la page. J’aurais l’impression de trahir ma fille. On apprend juste à vivre sans sa présence.»

Il espère maintenant que des indices permettront aux enquêteurs de retrouver l’assassin de la petite Cédrika, même si la scène de crime s’est inévitablement détériorée en huit ans. Il est toutefois trop tôt pour savoir si les restes de son corps se trouvaient à cet endroit depuis toutes ces années.

L’avocat Me Guy Bertrand, qui a agi comme procureur indépendant pour la famille de Cédrika Provencher a également réagi sur les réseaux sociaux. «Ce soir mon coeur saigne. Je viens d’apprendre qu’on a découvert le corps de la petite Cédrika Provencher à 12 kilomètres de l’endroit où elle a été enlevée à Trois-Rivières en 2007, à l’âge de 9 ans […] Nous pouvons tous imaginer le chagrin qui est le vôtre aujourd’hui. Mais consolez-vous, car ce petit ange veillera sur vous du haut du ciel et saura conduire les enquêteurs de la SQ vers son assassin.»

Quant au sénateur Pierre-Hugues Boivenu dont la fille a été assassinée, il a offert ses sympathies à la famille et a aussitôt saisi l’occasion pour exiger la création d’un registre public de prédateurs sexuels. «La découverte du corps de Cédrika me confirme l’urgence du gouvernement du Québec d’investir dans un registre public de prédateurs sexuels plutôt que dans un registre inutile des armes à feu», a-t-il écrit sur sa page Facebook. «À tous celles et ceux qui s’opposent à une telle dépense inutile pour réduire les crimes au Québec… continuer à signer la pétition qui sera adressée à l’Assemblée nationale dans les prochains mois.»

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