Dans le texte de son annonce, la banque centrale a expliqué que les environnements économiques au Canada et à l’étranger évoluaient largement comme elle l’avait prévu.
« Les données économiques indiquent que les conditions économiques se sont raffermies à l’échelle mondiale », a déclaré la banque dans un communiqué. « Toutefois, l’incertitude, qui mine la confiance des entreprises et freine les investissements des principaux partenaires commerciaux du Canada, n’a pas diminué. »
L’économie canadienne a connu un solide rebond au troisième trimestre, après la stagnation observée plus tôt dans l’année, a noté la banque centrale. Cette dernière vise toujours une « croissance plus modérée » pour les trois derniers mois de 2016.
Le maintien du taux d’intérêt directeur à son niveau actuel était largement attendu par les observateurs. De son côté, la Réserve fédérale des États-Unis annoncera la semaine prochaine sa dernière décision de l’année à ce sujet, et les économistes s’attendent généralement à une hausse de son principal taux d’intérêt.
Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, avait évoqué, la semaine dernière, l’incertitude dans le contexte postélectoral des États-Unis. Selon lui, il est trop tôt pour que la banque centrale puisse intégrer les conséquences potentielles de la victoire du président désigné Donald Trump à son processus décisionnel.
L’inflation canadienne, que la banque analyse attentivement avant de prendre une décision sur sa politique monétaire, était légèrement inférieure aux attentes de la banque centrale, essentiellement en raison d’une baisse des prix des aliments.
Le Canada a réalisé des gains au chapitre de l’emploi, a ajouté la Banque du Canada, mais la marge de capacités excédentaires subsiste au Canada, contrairement aux États-Unis.
D’un autre côté, la banque centrale a estimé que les investissements des entreprises et les exportations de biens non énergétiques du Canada continuaient à « décevoir ».
Ton relativement « pessimiste »
Dans l’ensemble, l’économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, a estimé mercredi que la déclaration de la banque centrale avait un ton relativement « pessimiste ».
Mais il a dit croire que la probabilité d’une baisse des taux d’intérêt dans les prochains mois restait minime et il s’attend à ce que la banque laisse son taux directeur à 0,5 % pendant toute l’année 2017.
Même dans un environnement de marché financier bien plus optimiste dans l’ensemble, je crois que la banque a toujours d’importantes inquiétudes au sujet des faiblesses des exportations et des investissements d’entreprises, en particulier.
L’économiste a notamment fait remarquer que de nouvelles données dévoilées cette semaine montrent, une fois de plus, que le volume des exportations mensuelles a continué à diminuer.
« Même en excluant le secteur des ressources naturelles et le secteur de l’énergie, nous voyons que les exportateurs éprouvent un peu de difficultés et cela malgré un dollar canadien que la plupart jugeraient assez concurrentiel. »
Stimuler la croissance
La déclaration de la Banque du Canada a souligné que les récentes mesures ont été mises en place par le gouvernement fédéral pour aider à stimuler la croissance.
« La croissance de la consommation a été robuste au troisième trimestre, étant soutenue par l’Allocation canadienne pour enfants, alors que les effets des dépenses d’infrastructure du gouvernement fédéral ne se reflètent pas encore dans les données (du produit intérieur brut) », a expliqué la banque centrale dans son bref communiqué.
Le resserrement récemment imposé aux règles sur le financement hypothécaire devrait aider à ralentir la hausse soutenue de l’endettement des ménages canadiens, a-t-elle prédit.
Il s’agissait de la dernière annonce sur les taux de la Banque du Canada pour 2016. Sa prochaine décision aura lieu le 17 janvier, et son dévoilement sera accompagné de celui d’une nouvelle série de prévisions économiques.
La banque centrale avait réduit ses perspectives de croissance en octobre. Même si le taux directeur était resté inchangé, M. Poloz a indiqué que le conseil de gouvernance avait activement envisagé de le réduire avant de prendre sa décision.

