Bilan provisoire de 129 morts et 352 blessés

Un passeport syrien découvert 

Le passeport syrien retrouvé par la police française près du corps d’un des auteurs des attaques de Paris appartenait à un migrant enregistré lors de son arrivée sur une île grecque en octobre, a affirmé samedi le ministre grec de la Protection publique Nikos Toskas.

«Le détenteur du passeport syrien est arrivé le 3 octobre par l’île grecque de Leros où il a été enregistré conformément aux règles de l’Union européenne», a assuré M. Toskas dans un communiqué. Les enquêteurs français n’ont pas déterminé à ce stade si ce passeport était bien celui de l’assaillant.

Des familles anéanties

Les familles et amis des victimes découvrent quant à elles l’ampleur du carnage. Le propriétaire de l’immeuble qui abrite La Belle équipe, M. Mohammed Taouil, une figure du quartier, a confirmé a notre collaboratrice sur le terrain que la patronne du café est décédée ainsi que 7 membres de sa famille. Son mari et patron n’étaient pas sur place hier.

Le magazine Les inrocks a confirmé que son journaliste Guillaume B. Decherf est mort au Bataclan.

On compte des ressortissants étrangers parmi les 129 victimes, dont deux Belges, deux Tunisiennes, deux Roumains, un Espagnol et une étudiante américaine. Ces informations ont toutes été confirmées par les autorités des pays d’où provenaient les victimes. L’ambassadeur du Canada en France Lawrence Cannon a précisé sur Twitter en début de journée qu’aucun Canadien ne trouvait parmi les victimes pour le moment.

L’ampleur de cette tragédie a semé l’effroi dans la capitale, à deux semaines de la conférence sur le climat de l’ONU à Paris (COP21), où sont attendus une centaine de dirigeants étrangers.

La justice a ouvert une enquête pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste sur ces attaques, les plus meurtrières en Europe depuis les attentats islamistes de Madrid en mars 2004.

« La priorité, c’est d’identifier les corps, notamment ceux des terroristes, qui ont été pour la plupart pulvérisés lorsqu’ils se sont fait sauter », a expliqué une source policière à l’AFP.

La police a lancé samedi un appel à témoins auprès de la population pour « signaler toute information en relation avec les attentats de la nuit ».

La Gendarmerie nationale a annoncé des contrôles renforcés aux frontières. «Limitez vos déplacements, ne circulez pas sans vos papiers» demande-t-on aux voyageurs.

Sur les réseaux sociaux, les gens continuent de lancer des avis de recherches d’un proche dont ils n’ont toujours pas de nouvelles. Dans la Ville lumière, c’est toujours l’état d’urgence. La tour Eiffel, l’une des principales attractions touristiques de Paris, est fermée jusqu’à nouvel ordre, indique l’AFP.

Les cinémas parisiens fermeraient également leurs portes. Le président Francois Hollande a décrété ce matin trois jours de deuil national. Les écoles ouvriront malgré tout lundi à Paris, a annoncé le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Une minute de silence sera observée dans tout le pays lundi à midi.

«Acte de guerre»

Peu avant la revendication, le président français avait accusé l’organisation d’être derrière la série d’attaques. «Ce qui s’est produit hier, c’est un acte de guerre […] un acte de guerre qui a été commis par une armée terroriste, Daech, contre la France, contre les valeurs que nous défendons, contre ce que nous sommes », a déclaré François Hollande dans une allocution solennelle à l’issue d’un Conseil de défense à l’Élysée.

Daech est l’acronyme arabe du groupe EI, qui opère en Irak et en Syrie, et qui compte dans ses rangs des milliers d’étrangers, dont des centaines de Français. Paris, membre de la coalition internationale anti-EI, mène des frappes aériennes dans les deux pays.

Cet acte «a été préparé, organisé, planifié de l’extérieur, avec des complicités intérieures», a accusé M. Hollande, qui a promis que la France serait «impitoyable», précisant qu’il s’adresserait lundi au Parlement réuni en Congrès à Versailles, près de Paris, pour marquer la gravité de l’événement.

Ces attentats interviennent dix mois après les attaques djihadistes contre des journalistes de Charlie Hebdo, des juifs et des policiers, qui avaient déjà provoqué un choc en France et un élan massif de solidarité dans le monde.

État d’urgence 

L’état d’urgence, une mesure rarissime permettant notamment des restrictions importantes de circulation et des perquisitions, a été décrété par le président Hollande sur tout le territoire.

Dans la région parisienne, les établissements scolaires et universitaires ont été fermés samedi et les compétitions sportives suspendues ce week-end. Des grands magasins ont aussi fermé.

L’Élysée a annoncé la mobilisation de 1500 militaires supplémentaires et le renforcement des contrôles aux frontières. Un nouveau conseil des ministres devait se réunir samedi après-midi.

Dans un mouvement d’unité nationale, les principaux partis ont annoncé la suspension de leur campagne en vue d’élections régionales prévues en décembre. Le chef de l’opposition de droite, Nicolas Sarkozy, a toutefois réclamé des « inflexions majeures » en matière de sécurité.

Les réactions de condamnation, unanimes des États-Unis à la Russie, ont afflué du monde entier, où de nombreux monuments se sont parés de lumineuses couleurs bleu-blanc-rouge en signe de solidarité.

Le président iranien Hassan Rohani a reporté un voyage prévu lundi en France, tandis que la Belgique demandait à ses ressortissants d’éviter de se rendre à Paris.

– Avec l’Agence France-Presse

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