Le procès du conducteur Yves Martin, accusé de conduite dangereuse, de conduite avec les capacités affaiblies et de conduite avec un taux d’alcool supérieur à la limite autorisée, causant la mort, a pris son envol, lundi matin, à la salle 3,09 du Palais de justice de Chicoutimi.
Le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, préside le procès devant un jury formé de huit hommes et quatre femmes.
Me Michaël Bourget, procureur de la Couronne, a fait entendre un premier témoin qui a laissé l’auditoire pensif tellement elle est toujours bouleversée par l’événement tragique qui lui a enlevé sa soeur, son beau-frère et son neveu.
Sabrina Viger est venue mettre la table au procès le plus important et le plus suivi des cinq dernières années au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
«J’ai appelé Vanessa sur son cellulaire. Je voulais savoir si le iPod de Mathieu était toujours à vendre étant donné que le cellulaire de mon conjoint était brisé. Vanessa m’a dit non. Je lui ai dit qu’ils avaient l’air de super bonne humeur dans la voiture et elle me l’a confirmé. Je lui ai demandé si elle était en montant (vers Saint-Honoré) et m’a dit oui. Et là, la ligne a coupé. J’ai pensé que le téléphone avait lâché. Il était 20 h 40», a mentionné Sabrina Viger, en sanglots.
La jeune femme de 29 ans a eu de la difficulté à terminer son témoignage, mais a refusé de prendre une pause.
«Non je veux terminer mon témoignage», a-t-elle ajouté.
Sabrina Viger a tenté de rappeler sa soeur, mais n’a pas été en mesure de le faire. Ce n’est qu’environ une heure plus tard qu’elle a appris la mauvaise nouvelle.
Elle s’est demandé si elle n’avait pas une responsabilité en ayant appelé sa soeur, mais elle a eu la confirmation que Vanessa n’était pas au volant au moment de l’impact.
En contre-interrogatoire, la jeune femme a indiqué à Me Jean-Marc Fradette, procureur de la défense, que jamais elle n’a entendu qui que ce soit parler d’un danger imminent avant que le signal cellulaire ne s’éteigne.
Sabrina Viger est sortie de la salle d’audience complètement effondrée et en pleurs. Elle a dû être soutenue physiquement par des proches pour franchir les portes du tribunal.