Attentat d’Istanbul : le terroriste présumé et cinq personnes arrêtés

L’auteur présumé de l’attaque terroriste qui a fait 39 morts au Reina, un night-club branché d’Istanbul, lors du réveillon du nouvel an a été arrêté par la police turque lundi 16 janvier, a affirmé lundi soir la chaîne de télévision d’État TRT. Le principal suspect dans cet attentat revendiqué par le groupe État islamique a été retrouvé avec son fils de 4 ans dans un appartement du quartier stambouliote d’Esenyurt au cours d’une opération policière, selon TRT. Il était en cavale depuis plus de quinze jours et des informations laissaient entendre qu’il n’avait jamais quitté Istanbul. Les autorités avaient entre-temps renforcé les contrôles aux frontières pour éviter que l’assaillant ne leur échappe. Selon l’agence progouvernementale Anadolu, le suspect arrêté se nomme Abdulgadir Masharipov, l’agence de presse Dogan indiquant pour sa part qu’il utilisait comme nom de code Ebu Muhammed Horasani au sein de l’EI. Ces noms figuraient dans les informations publiées le 8 janvier selon lesquelles les services de renseignements et la police antiterroriste d’Istanbul avaient identifié l’assaillant de la nuit du nouvel an comme un Ouzbek de 34 ans faisant partie d’une cellule de l’EI en Asie centrale.

Le suspect a été conduit au siège de la police stambouliote pour y être interrogé et d’autres opérations policières ont eu lieu dans la ville, ajoute Anadolu, sans donner plus de détails. Selon les médias turcs, l’assaillant était un tireur très bien entraîné qui avait combattu pour l’EI en Syrie et était devenu un expert en armes. Plusieurs médias avaient aussi affirmé que le tueur présumé s’était installé en novembre dans la ville de Konya avec son épouse et leurs deux enfants à son retour de Syrie afin de ne pas éveiller les soupçons. L’identité de l’assaillant présumé a donné lieu à quelques confusions au lendemain du massacre, certaines informations suggérant qu’il pourrait s’agir d’un Kirghize, d’autres évoquant un Ouïgour de Chine.

Cinq personnes arrêtées

Selon TRT, l’arrestation s’est produite lors d’une opération menée conjointement par la police et les services secrets turcs MIT. L’agence de presse Dogan a publié une photo du suspect, le visage ensanglanté et vêtu d’un tee-shirt, fermement maintenu au cou par un policier. Selon la chaîne TRT, le suspect résidait dans un appartement loué par un ressortissant kirghize à Istanbul, qui a été également arrêté. Selon Anadolu, cinq personnes ont été arrêtées dans l’opération de lundi soir, dont trois femmes. Au moins 35 personnes avaient déjà été arrêtées en lien avec l’attentat avant cette opération policière, selon le décompte d’Anadolu.

L’attentat au Reina avait marqué un début d’année sanglant pour la Turquie, déjà secouée en 2016 par une tentative de coup d’État et une vague d’attaques meurtrières commises par des djihadistes ou la rébellion kurde. Le but de l’attentat était de « nous dresser les uns contre les autres », avait averti le président Recep Tayyip Erdogan, mettant en garde contre un risque de « polarisation » après la publication de messages sur les réseaux sociaux critiquant le style de vie des personnes tuées dans la discothèque. La Turquie a été accusée par ses alliés occidentaux de ne pas avoir fait suffisamment contre la montée en puissance de l’EI, accusation que les autorités turques rejettent, faisant valoir qu’elles ont placé le groupe sur leur liste des organisations terroristes depuis 2013. En revendiquant le carnage du Reina, l’EI a reproché à la Turquie, pays à majorité musulmane, son intervention en Syrie et sa participation à la coalition menée par les États-Unis qui combat le groupe djihadiste en Syrie et en Irak.

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