Joint par téléphone vendredi soir alors qu’il se trouvait encore à l’hôpital, Gabriel s’en sort relativement bien. Il a des contusions aux côtes, au bassin et aux jambes, en plus d’une commotion cérébrale et d’un début d’infection pulmonaire. « J’ai de la misère à me tenir debout, parce que je deviens étourdi, et j’ai des trous de mémoire, explique-t-il. J’ai de la difficulté à me souvenir de choses qui se sont passées dans la journée. Mais le pire, c’est mon coeur brisé. »
Il mentionne toutefois qu’il remarque une amélioration de ses blessures physiques.
« Je peux me compter chanceux. Ça aurait pu être pire », croit toutefois le jeune homme de presque 22 ans.
En effet, il mentionne que l’impact a été très brutal. « On voyait le camion qui descendait la côte et qui commençait déjà à déraper. Ça s’est passé très rapidement. Il prenait toute la route. C’était inévitable, on savait qu’il y allait avoir une collision. Au dernier moment, Pascal a donné un coup de volant, alors on a frappé le derrière de la cargaison. C’est lui qui a absorbé tout l’impact. Moi j’ai eu le contre-choc. J’ai perdu connaissance. La seule chose dont je me souviens du moment de l’accident, c’est que j’ai regardé sur le côté et que j’ai dit « oh shit » (sic) », raconte Gabriel Vachon.
Lorsqu’il s’est réveillé, il se trouvait encore sur le siège du côté passager. « Je me suis tourné et j’ai vu Pascal sans connaissance. J’ai tout fait. J’ai crié, je l’ai secoué, je l’ai frappé. Je pleurais en lui disant de se réveiller et qu’il ne pouvait pas me laisser seul ici », se rappelle-t-il.
« Quand j’ai vu qu’il n’y avait rien à faire, je me suis dit que je ne voulais pas mourir d’hypothermie. J’ai sorti un bras pour faire des signes aux autres voitures, pour montrer que j’étais vivant. J’ai réussi à me sortir de l’auto et il y a un monsieur et une madame qui se sont arrêtés pour m’aider. »
Le jeune homme explique que ce sont eux qui ont contacté les secours, et qu’ils l’ont installé dans leur voiture pour le réchauffer. Ils ont également essayé de le calmer en attendant les ambulances. « Je voulais absolument parler à mes parents », ajoute Gabriel.