Selon le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez, le chantier a été temporairement stoppé jeudi par le BIG, dès le lendemain de sa plainte. « J’ai vu une dalle de béton craquée et des nids-de-poule imposants qui ont simplement disparu sous une nouvelle couche d’asphalte. Dans un an ou deux, les nids-de-poule et les crevasses seront de retour et le travail sera à recommencer », a-t-il déploré.
Ce chantier illustre les failles dans le programme complémentaire de planage-revêtement (PCPR) de l’administration Coderre, croit M. Ferrandez.
Ce programme en est un de soins palliatifs puisque les travaux ne prolongent la durée de vie des rues que de cinq à dix ans. Au cours des trois prochaines années, la Ville investira dans ce seul programme la somme de 415,4 millions pour prolonger la durée de vie de ses chaussées.
« Est-ce que vous vous rappelez que notre stade olympique a coûté 800 millions et que tout le monde s’est arraché les cheveux de la tête en disant quelle dépense immense », a illustré M. Ferrandez, ce matin, lors d’un point de presse dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. « Là, on investi une somme énorme dans un programme dont les concepteurs eux-mêmes nous annoncent que c’est là pour un maximum de sept ans. Et quand on parle aux gens sur les chantiers, ils nous disent cinq ans et quand on regarde l’état des rues les plus détruites, ils nous disent deux ans. C’est donc 400 millions pour du court terme », a-t-il ajouté.
Ce week-end, ajoute M. Ferrandez, deux conduites d’eau ont cédé sous les vibrations des rouleaux compresseurs sur deux chantiers du PCPR, sur De Gaspé et à l’angle des rues Mont-Royal et Franchère.
L’histoire se répète, selon Ferrandez
En septembre 2015, le BIG a constaté des manquements si graves dans l’exécution de travaux du PCPR à Montréal-Nord qu’il a suspendu un contrat de 3,45 millions de dollars. Me Denis Gallant avait conclu que des défauts en surface et dans la fondation d’une rue n’avaient pas été corrigés adéquatement avant d’entreprendre l’asphaltage
L’histoire se répète sur l’avenue du Parc-La Fontaine, craint Luc Ferrandez. Il estime que le maire Coderre a « tabletté » le rapport du BIG de 2015, a fait fi de ses recommandations car il veut « agir vite » en vue des élections en 2017.
« Si vous persistez à faire le PCPR, donnez-vous les moyens de le faire correctement », demande le maire Ferrandez au maire Coderre. « Ça prend plus d’inspecteurs, de meilleurs devis techniques et une meilleure analyse des segments de rues pour s’assurer qu’il n’y ait pas de bris de conduite. Là, il y a une forme d’arrogance à poursuivre et à dire j’ai raison, même après avoir été pris sur le fait. »