«Le civil blessé par balle pendant la manifestation est sous assistance respiratoire, dans un état critique. Pas décédé», a écrit la municipalité sur son compte Twitter, après avoir expliqué plus tôt que la victime était morte dans des violences «entre civils».
Un journaliste de l’AFP présent devant l’hôtel Omni Charlotte, où se déroulait la manifestation, a vu un homme chuter, manifestement blessé par balle et saignant abondamment.
La maire de Charlotte Jennifer Roberts a expliqué que la victime avait été transférée vers un hôpital mais n’a pas précisé son identité. Il est «confirmé» que le tireur «n’est pas un policier», a-t-elle déclaré sur CNN.
La mort du manifestant est intervenue lors de violences entre forces de l’ordre et manifestants qui protestaient, pour la deuxième nuit consécutive, contre la mort d’un homme noir abattu par un policier.
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En fin d’après-midi, une centaine d’étudiants, en majorité noirs, se sont allongés au sol pour protester contre les abus policiers, certains entonnant des gospels.
Ils étaient convaincus que Keith Lamont Scott, 43 ans, a été victime mardi d’une bavure flagrante.
Selon la police, M. Scott a été mortellement blessé par balle alors qu’il refusait de lâcher son arme de poing. Ses proches affirment au contraire qu’il n’avait qu’un livre en main.
Sur les lieux du drame se sont rassemblés mercredi des responsables religieux, des militants associatifs et des voisins.
L’arme «est un mensonge», assurait à l’AFP Taheshia Williams, une résidente du quartier, dont la fille étudie dans la même école que l’un des enfants de Scott.
«Ils ont enlevé le livre et l’ont remplacé par une arme. Cet homme était assis ici tous les jours, à attendre que son fils descende de l’autobus», ajoutait-elle.
La police a fait couler du «sang innocent», dénonçait également John Barnett, un militant des droits civiques. «Un homme attendait son fils à l’arrêt de bus et qu’il s’est retrouvé avec quatre balles dans la poitrine, ça je le sais».
La mort de Keith Lamont Scott, dans un contexte de récents faits similaires dans d’autres villes américaines, a poussé des habitants à protester mardi soir à Charlotte. Ils ont brandi des pancartes affichant «Les vies des Noirs comptent» et ont scandé «Pas de justice, pas de paix».