Visées par le même réseau?
Josée Chaput croit que sa fille et Kelly Martin-Nolet n’étaient pas amies même si elles fréquentaient le même centre jeunesse. Par contre, elle n’exclut pas qu’elles puissent avoir été visées par le même réseau criminel. «Est-ce qu’elles sont à la même place ? Ça se pourrait.»
«J’espère juste que ce n’est pas rendu trop loin et qu’elle n’aura pas de séquelles permanentes», souhaite de tout coeur Sandra Nolet, rongée par l’angoisse. La police de Laval a lancé un appel au public hier pour retrouver sa fille de 14 ans, Kelly Martin-Nolet. Celle-ci a fugué du centre jeunesse lundi, vers 10h30. Sandra Nolet craint qu’un groupe de filles ait recruté Kelly pour qu’elle devienne «escorte» afin de se faire «de l’argent rapidement et facilement».
Des proxénètes graviteraient autour de ces filles plus âgées qui auraient initié Kelly «à l’appât du gain», selon Sandra Nolet. Toutefois, elle ignore si sa fille est réellement aux mains des gangs de rue ou d’un proxénète. Deux découvertes réalisées par la Lavalloise semblent confirmer l’intérêt de l’adolescente pour la prostitution. Sandra Nolet a trouvé des notes troublantes dans l’iPod de sa fille récemment. «C’était écrit « 30 minutes pour 120 $ et 60 minutes pour 180 $ ». Si vous allez sur Google, ça écrit « Escortes Mont-Royal ». Ce sont les tarifs pour devenir escorte», dit-elle.
En novembre dernier, une fille aurait tenté de recruter Kelly comme escorte sur Facebook. «J’ai vu sur la conversation Facebook que ma fille lui avait envoyé des photos pour qu’elle puisse être sur un site pour que des gens l’appellent. Et en fin de semaine, elle a signifié aux intervenantes en centre jeunesse que la fille l’avait contactée en fin de semaine», explique-t-elle.
Kelly Martin-Nolet n’en est pas à sa première fugue, mais cette fois, selon sa mère, la situation est bien plus grave. Elle souhaite ardemment que sa fille soit toujours au Québec. «Je le souhaite toujours, mais c’est une fille blonde et super belle qui va se faire remarquer vite», dit-elle, lucide. L’adolescente n’a pas un «intérêt volontaire» de se prostituer, croit fermement Sandra Nolet.
«Elle se demande: s’il y en a tant qui le font, pourquoi elle ne le ferait pas ? Ce n’est pas très sensé comme raison.»
Les deux mères lancent le même cri du coeur pour que leurs filles reviennent à la maison. «Je lui ai toujours dit: je vais toujours t’aimer, tu es ma fille, il faut que tu pardonnes ce que tu as fait. Ce que je lui dirais aujourd’hui: Sarah, on a trouvé autre chose que le centre jeunesse et je te promets qu’on va tout faire pour t’aider pour te sortir de ça. On t’aime malgré tout ça, on t’aime. On ne peut pas vivre sans toi. On ne peut pas vivre sans toi», implore Josée Chaput.