Le smog, cette pollution qui tue

Photo: AFP/Getty Images

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Sante_et_scienceC’est à nouveau l’alerte rouge à Pékin. La mégalopole chinoise traverse en effet un deuxième smog majeur en quelques jours.

On parle ici d’une concentration de polluants qui dépasse 10 fois les niveaux sécuritaires décrétés par l’Organisation mondiale de la Santé. Une vraie catastrophe de santé publique, qui se traduira par de nombreux morts.

Les autorités chinoises essaient de contrôler la situation en s’attaquant aux sources des gaz et microparticules qui forment le smog. On a donc interdit aux usines les plus polluantes de fonctionner, les chantiers de construction extérieurs sont fermés, le transport de gravier, de ciment et de gravats est actuellement proscrit.

On coupe aussi la moitié des automobiles, en alternant les journées de conduite selon les plaques d’immatriculation. Enfin, les feux d’artifice de même que les grillades de viandes en plein air sont interdits, puisqu’ils contribuent aux polluants.

Qu’est-ce que le smog?

Pour comprendre le phénomène, il suffit de connaître les racines de ce mot d’origine anglaise, accepté en français: la contraction de «smoke» (fumée) et «fog» (brouillard). C’est donc comme un brouillard épais formé de fumée et de brume, que l’on retrouve dans les régions humides et industrielles.

Méfions-nous toutefois de la définition, puisque le smog peut être présent, comme c’est souvent le cas à Montréal, sans altération visible de l’air ni la pénombre qu’on voit sur les images de Pékin ces jours-ci.

Un smog est d’abord une concentration de microparticules (de moins de 2,5 microns) ayant la caractéristique d’entrer profondément dans les poumons pour causer ainsi plus de dommages. On y retrouve aussi des substances toxiques, comme les sulfites et les nitrites, et surtout l’ozone, qui réagit chimiquement avec les rayons solaires pour former ce qu’on appelle un smog photochimique. Ces substances proviennent de différentes sources, dont le chauffage résidentiel, l’industrie, le trafic, l’agriculture, les feux de forêt et les poussières des déserts. Mais pour former le smog, ces microparticules et substances, habituellement diluées par les mouvements verticaux et horizontaux d’air, doivent être «emprisonnées» et rester sur place.

Si une masse d’air chaud agit comme une sorte de couvercle au-dessus d’une couche d’air plus froide, cette dernière est effectivement « emprisonnée », les mouvements verticaux de l’air s’interrompant. Si on enlève ensuite le vent, les mouvements horizontaux s’interrompent à leur tour, de sorte que la pollution s’accumule dans cette masse d’air, à une concentration beaucoup plus élevée que d’habitude.

Même si le Canada n’a rien de comparable aux grandes villes de Chine, on retrouve toutefois deux zones à risque: le corridor Windsor-Québec, de même que la vallée du bas-Fraser, dans la région de Vancouver. À Montréal, on compte 20 à 30 épisodes de smog annuellement. Ailleurs, les conditions atmosphériques ne semblent pas souvent réunies. Le smog survient davantage l’été, mais il apparait aussi en hiver, aggravé par le chauffage au pétrole ou au bois.

La toxicité du smog

Le smog est l’expression ultime de la pollution atmosphérique, très nocive pour la santé. De manière générale, cette pollution cause directement plus de 3 millions de morts prématurées chaque année, soit un décès sur 20, nombre qui pourrait être doublé d’ici 2050 selon l’OMS, en raison de l’augmentation des polluants présents dans l’atmosphère.

Concrètement, on ressent parfois, en période de smog, une simple irritation du nez, de la gorge et des yeux. Mais pour un asthmatique ou un malade pulmonaire pulmonaire chronique, cette irritation peut se transformer en «bronchite», une crise aigüe ou décompensation respiratoire pouvant conduire à l’hôpital.

Ce qui est moins connu, c’est que la santé circulatoire est également affectée par ces polluants et toxiques retrouvés en période de smog. Lorsque la pollution atmosphérique s’accroit, on observe une augmentation rapide des infarctus et des AVC. On considère ainsi que deux décès par AVC et 1,6 décès par infarctus sont dénombrés pour chaque cinq décès prématurés dus à la pollution atmosphérique.

Comment s’en protéger?

Dans les images des médias, on remarque l’utilisation abondante de masques en papier à Pékin ces jours-ci. Mais ces masques seraient peu efficaces: ils bloquent bien les grosses particules, mais laissent passer les microparticules, de même que les différents polluants. Les seuls masques vraiment utiles sont de qualité professionnelle, beaucoup plus chers et peu accessibles pour un usage courant.

Il faudrait d’abord se renseigner. Comme il n’est pas toujours évident d’évaluer visuellement la présence de smog, il faut suivre les alertes retrouvées dans les médias. En cas d’alerte, ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour aller courir dehors, de marcher le long d’un boulevard ou d’amener les enfants au parc. Mieux vaut alors rester à l’intérieur, fermer portes et fenêtres et ouvrir l’air conditionné, si on en dispose. On sera ainsi moins exposés aux microparticules et aux polluants qui menacent la santé et pour lesquels la meilleure défense, à défaut de pouvoir mieux contrôler le problème, est l’évitement.

Le smog, c’est une question de santé publique, mais aussi de santé personnelle. Voyez-y!

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