Aubervilliers : l’incroyable mensonge de l’enseignant qui se disait agressé au cutter

L’instituteur qui affirmait avoir été agressé lundi matin au cutter dans une école maternelle, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), par un homme se revendiquant de l’État islamique, a reconnu dans l’après-midi avoir tout inventé devant les enquêteurs, a déclaré le parquet de Paris à l’AFP.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’enseignant avait déclaré que son agresseur, masqué, ganté, et habillé d’une combinaison blanche de peintre, chaussures militaires aux pieds, était entré avant l’arrivée des élèves dans une salle de classe de l’école Jean Perrin. L’homme, disait-il, se serait saisi d’un cutter et d’une paire de ciseaux qui se trouvaient dans la pièce pour le blesser.

Daech s’était félicité de l’attaque

Le professeur avait affirmé que son assaillant lui avait lancé : « C’est Daech, c’est un avertissement. »

Selon le journaliste de RFI et spécialiste du djihadisme David Thomson, l’Etat islamique s’était félicité de la soi-disant attaque, sans la revendiquer. Dans son numéro de fin novembre, la revue francophone de propagande de l’EI, Dar-al-Islam, appelait à « frapper » les enseignants français. 

Le professeur affirmant que son agresseur avait pris la fuite, un dispositif de recherche avait été déployé et l’accès à l’école bouclé. 

Belkacem sur place

Bien que les sources policières se montraient prudentes sur l’hypothèse islamiste, dans le contexte de menace toujours très élevée en France, la section antiterroriste du parquet de Paris s’était aussitôt saisie de l’enquête ouverte pour tentative d’assassinat sur un enseignant en relation avec une entreprise terroriste. Elle avait été confiée à la section antiterroriste de la Brigade criminelle de la police judiciaire parisienne.

La ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem s’était même rendue sur place. « C’est un acte d’une grande gravité, c’est inadmissible », avait-elle déclaré à son arrivée, annonçant que la sécurité serait renforcée autour de cet établissement.

Le pronostic vital de l’enseignant, âgé d’une quarantaine d’années, transféré à l’hôpital Lariboisière à Paris, n’est pas engagé.

L. T.

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