Deux médecins risquent la prison pour fraude

(SB) – Durant près de quatre ans, les médecins Simard et Lalancette ont prodigué des traitements de botox et volumisant à plusieurs patientes sans le déclarer à l’impôt. Ils demandaient de l’argent comptant pour chacune des visites.

Le gouvernement du Québec reproche aux docteurs Simard et Lalancette de ne pas avoir déclaré tous leurs revenus entre le 1er mars 2008 et le 29 février 2012.

L’enquête de Revenu Québec a permis d’élucider le stratagème des médecins, qui identifiaient d’un collant bleu les dossiers des patientes qu’ils ne voulaient pas comptabiliser.

Au fil de l’enquête, initiée en décembre 2011 à la suite de la dénonciation de Michelle Piuze, une partenaire d’affaires qui estimait ne pas recevoir sa part de ses ventes légales de matériel, l’enquêteur de Revenu Québec, André Thibaudau, a ainsi pu démontrer le stratagème.

En fait, ceux-ci demandaient à des clientes de payer en argent comptant les traitements au botox ou volumisant d’une valeur de 400$ à 670$. Cela permettait à la clinique de ne pas inscrire ces transactions dans les registres comptables de la compagnie.

L’enquête a démontré que le docteur Simard avait réalisé 428 des 481 transactions frauduleuses alors que son collègue, le docteur Lalancette, en a fait 53.

«Durant notre enquête, nous avons pu retrouver 211 clientes. Nous avons communiqué avec elles et nous avons retenu 132 dossiers pour notre enquête», a expliqué M. Thibaudau.

«Nous avons aussi discuté avec des employées de la clinique. Il a été possible de démontrer que les revenus non déclarés étaient partagés à parts égales entre les deux médecins, soit 50-50», ajoute l’enquêteur de Revenu Québec.

André Thibaudau mentionne que les perquisitions ont été effectuées les 21 et 22 septembre 2012 au bureau de la clinique, située sur la rue Racine à Chicoutimi.

«Et en février 2013, des mesures de perception immédiates ont été appliquées auprès de M. Simard. Des informations disaient qu’il voulait quitter pour le Mexique, qu’il transférait de l’argent dans ce pays et qu’il voulait se départir de tous ses biens», a précisé l’enquêteur.

Une affirmation qui ne s’est pas concrétisée ou qui n’a pas été démontrée.

Une ancienne esthéticienne de la clinique, Martine Dubois, a dit au tribunal être au courant du stratagème. Elle n’en a tiré aucun bénéfice, si ce n’est une augmentation de salaire payée en argent (20$ par jour travaillé). Elle a aussi eu connaissance d’un montant de 10 000$ mis dans une enveloppe. Ça se serait produit à cinq reprises.

Une cliente est venue raconter qu’elle payait chacune de ses visites en argent comptant, soit 400$ pour chaque traitement. «Si on me posait des questions sur le paiement, je devais dire que c’était un cadeau que j’avais obtenu.»

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