MONTRÉAL – Le maire de Montréal, Denis Coderre, remet en question le délai d’Ottawa d’accueillir 25 000 réfugiés d’ici janvier.
«On ne gagnera pas de prix si on accueille 25 000 réfugiés d’ici le mois de janvier», a déclaré le maire Coderre.
Même si, contrairement à son homologue de Québec Régis Labeaume, il ne demande pas de pause dans le processus d’accueil des réfugiés syriens, M. Coderre estime que l’opération pourrait s’étendre jusqu’en mars.
«J’ai déjà parlé avec le ministre de l’Immigration, John McCallum. On sait qu’on en veut 25 000 et il y en a 10 000, qui ont passé à travers le processus. Ce que je dis, c’est qu’on peut les accueillir au fur et à mesure même si ça prend quelques mois de plus», a souligné M. Coderre.
Il souhaite s’assurer de l’encadrement des réfugiés, notamment en matière de logement, d’éducation et de suivi psychologique.
«Ces gens-là, ce sont des victimes. Des hommes, des femmes, des orphelins qui ont tout perdu à cause de la guerre et aussi du terrorisme», a-t-il souligné.
Inquiétude depuis les attentats
M. Coderre dit comprendre l’inquiétude qui règne depuis les attentats de Paris, vendredi dernier, mais il ne veut pas faire de lien entre la question de la sécurité et celle des réfugiés.
«C’est certain que depuis les événements de Paris, il y a une certaine appréhension. Les gens sont inquiets pour de bonnes ou mauvaises raisons, mais il faut garder son calme», a déclaré le maire Coderre.
Le maire a ajouté que selon les informations à la suite des attentats de Paris, les auteurs du massacre n’étaient pas des réfugiés.
«Je veux juste vous rappeler que les terroristes, la façon dont ça se présente, c’est que ce sont des gens qui étaient installés à Paris, en France, et en Belgique. Ce n’étaient pas des réfugiés qui sont arrivés et qui ont organisé ça», a-t-il mentionné.
Jeudi, tous les intervenants dans le dossier de l’accueil des réfugiés syriens se rencontreront pour discuter de la façon dont se dérouleront les opérations.
Labeaume propose aux autorités de «prendre une pause»
QUÉBEC – Le maire de Québec demande aux autorités de «prendre une pause et d’éviter la précipitation» dans le processus d’accueil des réfugiés, à la suite des attentats de Paris.
Régis Labeaume, qui s’est fait le fervent défenseur de l’accueil des réfugiés au cours des dernières semaines et qui avait préparé le terrain pour faire venir jusqu’à 800 d’entre eux à Québec, a pris la plume lundi, sur sa page Facebook.
À la suite des attentats de Paris, le maire dit comprendre «les inquiétudes d’une grande partie de mes concitoyens devant l’accueil accéléré de réfugiés dans la capitale et au pays».
Dans ce contexte, il demande aux autorités canadiennes responsables de la mise en place d’un programme d’accueil pour les familles en provenance de Syrie de faire preuve de «prudence».
«Je crois que nos autorités devraient prendre une pause et éviter la précipitation dans ce domaine. Plusieurs intervenants considèrent que novembre et décembre sont les pires mois pour accueillir des réfugiés au Canada. Mettons donc toutes les chances de notre côté pour réussir l’opération d’accueil des réfugiés dans notre région. Je demeure persuadé, tout comme la population, que nous devons faire notre part pour accueillir des réfugiés, mais depuis vendredi, je suis certain que cela ne doit pas se faire dans l’urgence», a écrit le maire.
M. Labeaume appelle à la «réflexion et à la prise de décisions rationnelles» et estime qu’il faut s’assurer de «réunir les conditions gagnantes» pour que l’opération d’accueil soit un succès.
25 000 Syriens
Dimanche, à la rencontre du G20, en Turquie, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a réaffirmé la volonté de son gouvernement d’accueillir 25 000 Syriens d’ici la fin de l’année.
«Nous ne doutons pas des sentiments qui animent le premier ministre Justin Trudeau», a indiqué Régis Labeaume. «La population lui demande plutôt de prendre davantage de temps pour réaliser son engagement de procéder d’ici au 31 décembre 2015. Ouvrons nos cœurs à la détresse humaine, mais pas au détriment de la sécurité.»
Déjà la position du maire a suscité des commentaires. «Bien dit monsieur le maire!
Il suffit maintenant que votre message se rende à notre premier ministre!», a écrit Mélanie Champagne.
«Alors M. Labeaume, quelle serait selon vous la date idéale pour débuter le processus d’accueil des réfugiés? Tâchez de ne pas oublier que chaque jour de délai coûte la vie à des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants…», a pour sa part répondu Peire-Joel Brunnemer.
Par Stéphanie Martin
Suspendre le plan
OTTAWA – Craignant que des terroristes se faufilent parmi les 25 000 réfugiés syriens que le gouvernement Trudeau veut accueillir au Canada d’ici la fin de l’année, le premier ministre de la Saskatchewan a demandé à Ottawa de suspendre son plan et de réévaluer le processus d’accueil.
Dans une lettre adressée à Justin Trudeau, Brad Wall a dit comprendre que la vaste majorité des Syriens «fuient la violence et les bains de sang» dans leur pays, «et ne posent aucune menace envers quiconque».
Cependant, le premier ministre de la Saskatchewan se montre préoccupé devant la possibilité qu’un petit groupe de personnes malveillantes qui veulent causer du tort entrent au Canada en raison d’une démarche précipitée du gouvernement.
«Les résultats pourraient être désastreux», a prévenu le premier ministre Wall.
«Les attaques récentes à Paris constituent un rappel terrifiant de la destruction et de la mort que peuvent infliger un petit nombre de personnes malveillantes contre un pays paisible et ses citoyens», a expliqué M. Wall, précisant que la Saskatchewan appuiera tout délai dans le processus d’accueil de réfugiés syriens afin que les mesures appropriées de contrôle de sécurité soient en place.
Par l’Agence QMI