Publié le 20/08/2015 à 07h26
Crédit photo © Reuters
BANGKOK (Reuters) – Les autorités thaïlandaises ont demandé jeudi l’aide d’Interpol pour localiser le suspect principal dans l’enquête sur l’attentat à la bombe qui a fait 20 morts et des dizaines de blessés lundi soir à Bangkok.
La police estime en outre qu’au moins dix personnes ont été impliquées au total dans l’attaque qui, selon les enquêteurs, a été planifiée il y a au moins un mois. Bangkok évoquait jusqu’à présent au moins trois suspects.
« Je n’ai toujours pas dit qu’il s’agit d’un réseau international, mais c’est un réseau d’ampleur », a déclaré le chef de la police thaïlandaise, Somyot Poompanmuang.
« Un grand nombre de personnes ont participé à la préparation (de l’attentat), dont ceux qui ont surveillé les rues, ceux qui ont préparé la bombe, ceux qui étaient sur place et ceux qui savaient comment s’échapper. Je pense qu’il y a dû y avoir au moins dix personnes impliquées », a-t-il ajouté.
Le suspect principal est un homme, présenté comme un « étranger », peut-être un Européen ou un homme originaire du Moyen-Orient, que les images de vidéosurveillance montrent en train de poser un sac à dos au milieu de la foule avant de quitter le temple d’Erawan peu avant l’explosion.
La junte militaire, après des réticences initiales, a adressé à Interpol des clichés de l’homme repéré via des caméras de surveillance. « Nous avons envoyé une demande d’assistance », a déclaré le porte-parole adjoint de la police nationale, Kissana Phathancharoen.
D’après les contrôles menés dans les aéroports et dans les autres points de sortie du pays, aucun individu correspondant à la description du suspect principal n’a quitté la Thaïlande depuis lundi soir.
L’attentat n’a pas été revendiqué et les enquêteurs disent n’écarter aucune piste.
Une récompense d’un million de bahts (25.000 euros) est offerte pour toute information menant à l’arrestation du suspect.
Les autorités jugent que l’attaque de lundi ne correspond pas aux méthodes jusque là employées par les rebelles musulmans du sud du pays ni à celles des « chemises rouges », les partisans du précédent gouvernement.
La police a en revanche évoqué la piste des Ouïghours, la Thaïlande ayant renvoyé le mois dernier en Chine des membres de cette communauté musulmane fuyant les violences dans la province chinoise du Xinjiang.
(Amy Sawitta Lefevre; Jean-Philippe Lefief, Simon Carraud et Henri-Pierre André pour le service français)